dim 15 juil 2007

Tokio Hotel, ich liebe dich

15 07 2007
Les nouvelles idoles des (très) jeunes viennent d'Allemagne. Plus exactement de Magdebourg, en ex-RDA, ville originaire des quatre membres du groupe-phénomène Tokio Hotel. Invité à enflammer le public parisien samedi soir au Champ de Mars, le quartet à la moyenne d'âge de 17 ans surfe sur un incroyable succès. Jusqu'à booster l'image de l'Allemagne dans l'Hexagone. En cette journée ensoleillée, Alice, "12 ans et demi", s'est mise sur son trente et un. Au milieu des champs, elle presse le pas, direction le site du Festival des Terre-Neuvas à Bobital, un village de 1.000 habitants, près de Dinan. Pas pour voir Obispo ("C'est pour nos vieux"). Ni Marilyn Manson ("C'est pour les gothiques"). Non, avec sa copine Tess (12 ans) et ses parents, elle est venue de Coutances, dans la Manche, pour les Tokio Hotel, nouvelles icônes des cours de récréation.

Elles ne sont pas les seules. Près de 110.000 jeunes fans ont fait le déplacement. Face à la scène, c'est du délire. Des gamines de 10 ans pleurent de joie, hurlent en choeur - et en allemand - les chansons du groupe, arborent des pancartes avec mots d'amour. Bilan humain du concert: 80 évanouissements. En point d'orgue, une foire d'empoigne mélodramatique entre un noyau dur de groupies resté à la fin du concert pour s'arracher, au sens propre, les deux serviettes balancées par Tom et Bill. Les plus chanceuses brandissent le bout de tissu tel un trophée.

"Nous recevons une quantité incroyable de strings"

"Du jamais-vu depuis la Beatlemania", assure le programmateur du festival. "Chaque semaine, nous recevons une quantité incroyable de strings et soutiens-gorge accompagnés de lettres d'amour torrides à transmettre au groupe", raconte Guenael Geay. C'est dire le pouvoir de séduction du quartet rock allemand, devenu en moins d'un an le phénomène musical du moment. Ils étaient d'ailleurs hier au concert du 14-Juillet au Champ-de-Mars avec Michel Polnareff.

Tokio Hotel, ce sont quatre garçons originaires d'un bled de l'ex-RDA (Magdebourg) qui triomphent partout en Europe - et donc en France, pays de la chanson à textes - avec leurs hymnes rock interprétés dans la langue de Goethe... "Au début, nous avions des doutes, notamment à cause de la barrière de la langue", explique Guenael Geay, directeur à l'international chez Polydor, la maison de disques des T. H. Un tour sur le net lui a fait prendre la mesure du phénomène: "Le groupe dispose d'une base de fans très dynamique et active. Qui n'a pas attendu les médias pour connaître les Tokio et communiquer leur passion."

Emmenés par les frères jumeaux Bill (chant) et Tom (guitare), nés la même année que la chute du mur de Berlin, les Tokio Hotel possèdent tous les atouts pour séduire les 7-14 ans. Un rock consensuel et carré. Et des textes baignés d'un romantisme noir centrés sur les thématiques ados: solitude, pulsions suicidaires, dépit amoureux, défiance à l'égard du monde des adultes, divorce raconté du point de vue de l'enfant comme dans le tube, autobiographique, Gegen meinen Willen (Contre ma volonté).

Leur look offre un condensé malin des tendances de la culture jeune: gothique et manga pour Bill, le chanteur-diva-androgyne, fan de Bowie. Rasta et hip-hop pour son frère Tom. Pop et british pour le bassiste. Plus basique pour le batteur. Quant à leur parcours, il reste singulier et n'est pas un énième avatar de boys band créé sur casting. A 9 ans, Bill envoie ses premières cassettes aux maisons de disques. Deux ans plus tard, il échoue en finale du show Star search, l'équivalent de La nouvelle star. Dans la foulée, il crée, avec son frère Tom, un premier groupe au nom évocateur, Devilish (diabolique en anglais), finalement rebaptisé Tokio Hotel.

"Tokio Poubelle" aussi

Des chiffres vertigineux résument l'ampleur du phénomène: deux albums écoulés à 2 millions d'exemplaires en Europe (dont 500.000 en France); "70.000 places de la tournée prévue pour octobre se sont vendues en quarante-huit heures, rappelle Angelo Gopée, de Nous Productions. Seuls des artistes comme Madonna peuvent remplir des salles aussi importantes en un temps record." Le groupe, 17 ans de moyenne d'âge, joue désormais dans la cour des grands. A Bobital, le concert des T.H. fut "l'un des temps forts, au même titre que ceux de Placebo ou Renaud", assure Didier Genrock, programmateur du festival breton.

Comme tout "groupe phénomène", le quartet a aussi ses détracteurs. Le plus souvent de fans de Marilyn Manson, les "anti-T.H.". Dans les allées du festival, Kim exprime son ras-le-bol sur son tee-shirt, marqué de l'inscription "Tokio Poubelle". "Ils se moquent de nous, ne respectent pas notre passion", déplore Marwan, 15 ans. Avec l'énorme drapeau allemand porté à bout de bras, elle n'a pas vraiment choisi la discrétion. Pas de quoi gâcher pour autant la joie de cette jolie brune, venue de Tours avec cinq copines et un pote. Elle sait tout de la vie de ses idoles: dates de naissance, hobbies de chacun ("Bill a dépensé 17.000 euros en une demi-heure dans un magasin de design"), rumeurs colportées par des "jaloux" (Bill serait "un transsexuel"). Des informations glanées sur le net. Julie, 14 ans, membre de l'équipée tourangelle, s'adonne, elle, aux "blogs fictions". Des journaux intimes "pour s'inventer des histoires, faire partager nos rêves et nos fantasmes... Je m'imagine en couple avec Tom, le guitariste". Fans et activistes, Marwan et ses copines ont même lancé une pétition pour obtenir de la mairie l'organisation d'un concert des T.H. à Tours. Et convaincu la prof d'allemand de traduire en cours leurs chansons.

Conséquence inattendue du succès, Bill et sa bande s'imposent aujourd'hui comme les meilleurs ambassadeurs de l'allemand en France. Pour sa rentrée en sixième, Camille, 12 ans, a déjà opté pour son apprentissage. "Le groupe a modifié ma vision de cette langue, je la trouve mélodieuse, originale." A l'ambassade d'Allemagne, on suit "avec intérêt" cet engouement. Au Goethe Institut, à Paris, on confirme une "hausse sans précédent" des inscriptions. "On n'a jamais eu autant de demandes, mais il est encore trop tôt pour établir un lien avec le succès des Tokio Hotel", explique un responsable. Dans l'académie de Montpellier, le nombre de germanistes première langue a quasiment doublé depuis 2004. "Les Tokio Hotel participent à un changement d'image déjà amorcé avec l'organisation de la Coupe du monde ou l'émergence d'une nouvelle vague de films comme Good bye Lenin", assure Norbert Biscons, inspecteur académique de la région Languedoc-Roussillon.

Alors, feu de paille ou phénomène durable, le groupe pourrait être victime de son succès. "Ils ont ouvert la voie. Il peut désormais y avoir un transfert vers d'autres groupes allemands, dit Pierre Veillet, rédacteur en chef du magazine Rock one. Pour Charlotte, 14 ans, fan de la première heure, "T.H., c'est devenu une mode. Même les fans de Lorie adorent. Ils me font penser à Kyo. Au début, c'était bien. Et maintenant, plus rien..."

En tournée en France du 10 au 29 octobre 2007. Au Palais omnisports de Bercy, le 16 octobre.

Source : Le journal du dimanche
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7 commentaires à Tokio Hotel, ich liebe dich

16 07 2007
melafolle6 :

jvous adorent tokio hotel


bisous melanie

19 07 2007
LOVE BILL :

presser d'etre le 17 oct BILLJTM4444444444444444444444444444EVERviva TOKIO HOTEL (BILL T UN DIEU MON CHERI)

19 07 2007
LOVE BILL :

bill jtm44444444444444444444444
444444444444444444
44444444444444444444444444
444444444444444444444444444444444444ever
t 1 dieu
vivavivavivaTHTHTHTHTHTHTHTHTHTHTH

20 07 2007
camille :

TH Jvs AdOre
TOm Shtaiime
Biill T TrO Fràii KOm Mek!!!!
xD

15 08 2007
demetrico tamara :

j aime le groupe de tokio hotel c est trop mortel je les adors

19 08 2007
juju :

j'aime tokio hotel surtout BILL je taime 44444444444 ever


BIG BIG BISOUS JULIE <3<3<3<3<3<3<3<3

22 08 2007
Steph :

Bill est trop........MERVEILLEUX !!!

JE T'AIME PLUS QUE TOUT BILL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (L)


=]

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