vendredi 13 juillet 2007

TOKIO HOTEL : Un groupe qui «dépoussière» l'enseignement de l'allemand

13 07 2007

TOKIO HOTEL

Chansons résolument rock, look gothique et succès phénoménal chez les ados, les quatre très jeunes musiciens du groupe allemand Tokio Hotel, qui se produira le 14 juillet au pied de la tour Eiffel à la demande du président Sarkozy, sont en passe de réaliser un exploit auquel ont rêvé des générations de profs: donner le goût de la langue allemande aux collégiens français.

Que ce soit chez les disquaires ou sur les «unes» des magazines de musique pour ados, le phénomène prend des ampleurs jamais vues. En un an, les trois albums du groupe ont été vendus à 500 000 exemplaires en France et Zimmer 483 s'est retrouvé en deuxième place des meilleures ventes dès la semaine de sa sortie en février. Tous les billets des six concerts français prévus à l'automne ont été vendus en 24 heures et de nouvelles dates ont dû être ajoutées. Mais pas suffisamment pour les fans, qui font circuler sur des blogs des pétitions pour demander de nouveaux concerts. «C'est la première fois qu'un groupe allemand connaît un tel succès en France», se réjouit Guénael Geay, chargé de la promotion des TH chez Universal Music à Paris.

Ce succès commercial unique a désormais contaminé l'école où les fans (surtout des jeunes filles) sont de plus en plus nombreux à vouloir apprendre la langue de leurs idoles. «Au collège, la majorité des élèves connaissent les chansons qui passent à la radio et je crois que c'est une motivation pour décider les collégiens à apprendre l'allemand», rapporte Nora Gunther-Schellheimer, qui fait la promotion de la langue de Goethe dans les classes de 5e pour le compte de la fondation Robert Bosch. «J'ai été moi-même étonnée.»

La jeune femme emporte désormais sa guitare quand elle rencontre des élèves et leur joue certains des tubes du groupe. «Ça m'est souvent arrivé que les filles chantent les textes avec moi alors qu'elles n'ont jamais appris l'allemand!»

«Je suis très contente que nous ayons quelque chose comme Tokio Hotel pour motiver les jeunes», ajoute Kornelia Zenner, responsable des cours de langues au Goethe Institut, l'institut culturel allemand de Paris où les textes du groupe ont fait leur entrée au programme. «On est très heureux que ça aide à dépoussiérer l'apprentissage de l'allemand», salue Universal France.

«Je suis convaincu que ça aura un effet sur les inscriptions à la rentrée dans les collèges», pronostique même Kurt Brenner, directeur de la maison franco-allemande de Heidelberg à Montpellier. Les statistiques de la rentrée prochaine ne sont pas encore disponibles, mais le ministère de l'Education nationale confirme que la tendance n'est plus à la baisse du nombre de germanophones. Au collège, la part de l'allemand par rapport aux autres langues s'est même remise à croître légèrement depuis trois ans.

À Paris, Kornelia Zenner a elle observé une nette hausse des inscriptions pour ses cours d'été. «Mais je ne vois pas de lien direct avec le succès de Tokio Hotel», modère-t-elle. «C'est plutôt comme la Coupe du monde de foot ou les derniers films allemands qui ont eu du succès, ça donne une image plus sympathique de nous.»